Prélèvement rejeté faute de provision : quels frais et que faire ?
Prélèvement refusé par la banque faute d'argent sur le compte : frais de rejet, frais du créancier, nouvelle présentation, risques réels et bons réflexes pour régulariser.
Une notification de la banque, ou une ligne sur le relevé : « rejet de prélèvement », suivie de frais. Le loyer, l'électricité ou l'abonnement téléphonique n'est pas passé, faute d'argent sur le compte au bon moment. Sur le coup, on se demande ce qui va suivre : d'autres frais, une coupure, un fichage ? Un rejet de prélèvement n'a rien d'irrémédiable, mais il coûte vite cher s'il se répète, et certaines conséquences se jouent dans les jours qui suivent. Voici ce qui se passe, ce que vous allez payer et comment régulariser.
Ce qui se passe quand un prélèvement est rejeté
Un prélèvement est une demande de paiement envoyée par un créancier (fournisseur d'énergie, opérateur, bailleur, assureur) à votre banque. Le jour J, la banque vérifie que le compte peut le supporter, en tenant compte de votre éventuel découvert autorisé.
- Si l'argent est là, le prélèvement passe.
- Si ce n'est pas le cas, la banque peut le payer quand même, en vous mettant en dépassement de découvert, ou le rejeter.
En cas de rejet, le prélèvement « revient » au créancier, qui n'est pas payé. Ce n'est pas un défaut de paiement définitif : c'est un impayé à régulariser.
Les frais à prévoir
| Frais | Facturés par | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Frais de rejet de prélèvement | Votre banque | Encadrés en France : jamais plus que le montant du prélèvement, et dans la limite d'un plafond réglementaire (de l'ordre de 20 € par rejet) |
| Commission d'intervention | Votre banque | Possible quand la banque examine une opération qui dépasse votre solde ; elle aussi plafonnée |
| Lettre d'information | Votre banque | Selon la plaquette tarifaire |
| Frais de rejet ou de relance | Le créancier | Prévus par certains contrats (énergie, téléphonie, crédit) |
| Pénalités de retard | Le créancier | Selon le contrat, surtout pour les crédits et les loyers |
Un seul rejet peut donc coûter plusieurs dizaines d'euros au total, entre la banque et le créancier. Et si le même prélèvement est représenté puis rejeté une seconde fois, les frais peuvent s'ajouter de nouveau.
Les personnes en situation de fragilité financière bénéficient en France de plafonds mensuels plus bas sur ces frais d'incident. Si vous accumulez les rejets, demandez à votre banque si vous y êtes éligible, et si une offre spécifique, moins coûteuse, peut vous être proposée.
La deuxième présentation
Beaucoup de créanciers représentent le prélèvement quelques jours après le rejet. C'est une chance : si l'argent est revenu sur le compte, le paiement passe et l'affaire s'arrête là, hors frais déjà facturés. Si le compte est toujours à découvert, le second rejet coûte à nouveau.
D'autres créanciers ne représentent pas et vous demandent de payer autrement : virement, carte bancaire en ligne, paiement en agence.
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre
- Identifier le prélèvement rejeté sur le relevé : créancier, montant, date.
- Réapprovisionner le compte au plus vite, par un virement depuis un livret ou un autre compte.
- Contacter le créancier, par son espace client ou par téléphone, pour savoir s'il va représenter le prélèvement ou s'il faut payer autrement. Ne payez pas deux fois par erreur.
- Régler par un autre moyen si le créancier le demande, et garder la preuve du paiement.
- Vérifier les autres prélèvements à venir dans les jours suivants : un compte déjà à découvert peut provoquer une série de rejets en cascade.
- Demander un geste commercial à votre banque s'il s'agit d'un incident isolé : beaucoup acceptent de rembourser tout ou partie des frais pour un bon client. La démarche ressemble à celle qu'on utilise pour négocier ses frais bancaires.
Les vraies conséquences, et les fausses peurs
Pas d'interdit bancaire
L'interdit bancaire concerne les chèques sans provision, pas les prélèvements. Un prélèvement rejeté ne vous inscrit pas au fichier des chèques impayés. La logique est d'ailleurs très différente de celle d'un chèque, détaillée dans notre article sur le chèque sans provision reçu.
Un risque pour les crédits
Si le prélèvement rejeté est une échéance de crédit, les choses sont plus sérieuses. Des échéances impayées répétées peuvent, au-delà d'un certain seuil et après information préalable, entraîner une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers. Contactez l'organisme prêteur dès le premier rejet pour trouver une solution.
Des conséquences chez le créancier
Selon le contrat et les impayés qui s'accumulent :
- relances, puis frais de recouvrement ;
- suspension ou résiliation du service (abonnement, assurance) ;
- pour l'énergie, une procédure encadrée qui peut aller jusqu'à une réduction de puissance ou une coupure, après relances ;
- pour un loyer, un impayé qui peut finir par activer les garanties du bail.
Un rejet isolé, vite régularisé, reste en général sans suite au-delà des frais.
Une relation dégradée avec la banque
Des rejets répétés font partie des signaux que regarde votre banque. À terme, elle peut réduire votre découvert autorisé ou, plus rarement, décider de clôturer le compte, avec un préavis.
Éviter que ça se reproduise
- Caler les dates de prélèvement après le versement du salaire ou des revenus. Beaucoup de fournisseurs permettent de choisir la date.
- Activer les alertes de solde dans l'application bancaire.
- Négocier un découvert autorisé adapté, en gardant en tête son coût réel, détaillé dans notre article sur le découvert bancaire autorisé.
- Lisser les grosses factures (énergie, assurance) en mensualités plutôt qu'en paiements trimestriels ou annuels.
- Garder une petite réserve sur le compte courant, même modeste, pour absorber un prélèvement imprévu.
FAQ
La banque doit-elle me prévenir avant de rejeter un prélèvement ? Les règles d'information varient selon les contrats. En pratique, beaucoup de banques envoient une alerte ou un courrier d'information. Activez les notifications pour être averti au plus tôt.
Puis-je contester les frais de rejet ? Vous pouvez demander leur remboursement à titre commercial, surtout pour un incident isolé, et vérifier qu'ils respectent les plafonds. En cas de désaccord, faites une réclamation écrite puis, si besoin, saisissez le médiateur de votre banque.
Le créancier peut-il me facturer des frais en plus de ceux de la banque ? Oui, si son contrat le prévoit. Ces frais sont distincts de ceux de votre banque : consultez les conditions générales du service concerné.
À retenir
- Un prélèvement rejeté est un impayé à régulariser, pas un défaut définitif.
- Frais possibles côté banque (encadrés) et côté créancier (selon le contrat).
- Réapprovisionner vite, puis contacter le créancier pour savoir s'il représente le prélèvement.
- Pas d'interdit bancaire pour un prélèvement ; vigilance en revanche sur les échéances de crédit.
- Caler les dates de prélèvement après les revenus et activer les alertes de solde.